L’INNOVATION ET LES TIC
2 février 2011 | Gestion de l'innovation, Gestion stratégique, Outils technologiques | 0 Commentaires
Du début de XXe siècle jusqu’à l’arrivée du numérique au milieu des années 1980, l’innovation dans les organisations reposait en grande partie sur les laboratoires de recherche et développement installés comme départements de l’entreprise ou encore intégrés dans les grandes universités. Ces laboratoires, avec des services d’essais et des ateliers d’analyse et de mesure, avaient pour objectif la validation des processus ou encore des produits. Il s’agissait le plus souvent de stabiliser les meilleurs procédés tout en s’assurant que l’introduction de changements apporte une plus value au produit ou au service pour le client. Bien que le laboratoire ait été un dispositif de production de savoir scientifique et de gestion de connaissances, cette entité n’a été reconnue que dernièrement comme source essentielle à l’innovation.
Le développement des marchés et des produits au début des années 1990 et la compétition ont obligé les grandes entreprises à s’inscrire dans un processus «d’innovation intensive». Les entreprises essaient de trouver des caractéristiques et des qualités fonctionnelles aux produits et aux services qui répondent aux attentes des consommateurs particulièrement autour de la montée de la classe moyenne. Le capital historique des connaissances accumulées revêt une importance stratégique pour l’entreprise. La mondialisation vient amplifier la compétition et l’entreprise commence à vouloir les protéger et les sauvegarder, d’autant plus que les NTIC amènent un flux très important de nouvelles connaissances.
Ce n’est que récemment avec l’arrivée de l’ordinateur personnel et des TIC que l’on a compris l’importance de mettre en réseau ces connaissances dans un système ouvert, intranets, groupes de discussions, communauté de pratique, forum de discussion, afin de développer des apprentissages collectifs pour les besoins de l’entreprise. Ces apprentissages collectifs permettent tout autant de développer de meilleurs produits et services tout en s’assurant de prendre les meilleures décisions pour l’entreprise. Au-delà des connaissances, la nouvelle stratégie est de travailler sur les compétences et le développement dess relations entre les acteurs de l’entreprise. L’action efficiente des décideurs et gestionnaires suppose une interaction entre les savoirs détenus par les acteurs, producteurs et utilisateurs et les relations qui existent entre eux. L’utilisation des TIC concilie les deux facettes, savoirs et interrelations permettant cette acquisition de compétences. La réduction des coûts, la mobilité, les connexions en réseau et des outils plus faciles d’utilisation et plus puissants habilitent les producteurs à mieux adapter l’offre aux besoins des consommateurs. Les TIC permettent l’extraction de connaissances et le développement d’un savoir expert dans un domaine, tout en permettant la diffusion de ces connaissances à l’intérieur de l’entreprise pour rehausser les compétences des producteurs. Celles-ci seront utilisables selon les besoins de l’entreprise.
Comme observateur intĂ©ressĂ© Ă la gestion des connaissances, j’ai participĂ© au cours des derniers jours Ă l’évĂ©nement CLAIR 2011 au Centre d’@pprentissage du Haut-Madawaska (C@HM) au Nouveau-Brunswick qui regroupait des Ă©ducateurs, des gestionnaires du domaine de l’éducation, des chercheurs internationaux, des professeurs universitaires et Ă©tudiants en Ă©ducation, des gestionnaires de communautĂ© sur l’éducation et mĂŞme des consultants auprès d’entrepreneurs. Ils participaient Ă cette rencontre afin de rĂ©flĂ©chir sur l’Ă©cole en transformation vers un lieu animĂ© par ce que permettent les outils du «WEB 2.0». J’étais prĂ©occupĂ© par le projet Ă©ducatif qui place le savoir numĂ©rique au premier plan des interventions des gestionnaires, Ă©ducateurs et personnel de soutien et de l’implication des jeunes dans l’acquisition de ces savoirs. J’y ai rencontrĂ© des gens inspirants, innovants et crĂ©atifs qui ont su utiliser les ressources du WEB 2.0 pour l’apprentissage des Ă©tudiants. Mais j’y ai surtout remarquĂ© le dĂ©veloppement de ressources interactives entre les gestionnaires, professeurs et Ă©tudiants. MĂŞme les parents y trouvent leur compte au dire des jeunes auxquels j’ai parlĂ©. Ils ont su Ă©tablir des relations fortes entre tous les acteurs pour adapter les activitĂ©s aux besoins des Ă©tudiants tout en s’habilitant mutuellement dans l’utilisation des outils du WEB 2.0, rĂ©seaux sociaux, wiki, blogue et outils multimĂ©dias. Lors des ateliers, tous les jeunes Ă©taient les prĂ©sentateurs de leur expĂ©rience pĂ©dagogique au mĂŞme titre que leurs professeurs, ils intervenaient au mĂŞme titre que les participants lors des confĂ©rences d’experts, ils rendaient disponibles leurs observations auprès de personnes intĂ©ressĂ©es qui n’étaient pas prĂ©sents sur place mais suivaient Ă distance sur Twitter l’évĂ©nement, mais aussi ils signifiaient l’implication de toute la communautĂ© et particulièrement des parents Ă l’éducation des jeunes de la communautĂ©.
Cette animation de l’école, à l’aide des outils du WEB 2.0 marquera de façon permanente les habiletés des jeunes à faire appel à des connaissances et compétences extérieures afin de prendre les meilleures décisions tout au long de leur vie, tant sur les plans personnel, professionnel, éthique et autres. Bien avant leur grande capacité d’utilisation des TIC, c’est la capacité de partage de savoirs vers une compétence collective, entre gestionnaires, enseignants personnel de soutien et jeunes, qui marquera mon imaginaire et influencera mes actions au cours des prochains mois. Ensemble, ils apprennent à apprendre.
«Mieux vaut une tĂŞte bien faite qu’une tĂŞte bien pleine»     Montaigne
Ces pratiques d’apprentissage ont un potentiel révolutionnaire dans le monde des affaires et répondent efficacement au besoin d’innovation dans les organisations et entreprises du Québec. Grâce à l’accès et aux multiples sources d’information, de savoirs et d’expertise disponible en tout temps, en tout lieu, chaque individu construit consciemment ou inconsciemment son savoir. Le grand défi des entreprises est de rendre disponible pour tous, pas seulement pour les personnes qui ont des savoirs technologiques, ces sources d’information et de connaissances. Il faut de plus soutenir les personnes dans leurs processus d’apprentissage en leur permettant de transformer, d’utiliser et de communiquer ces connaissances vers une compétence collective pour l’organisation ou l’entreprise. Il y a là une clé à l’innovation, que les décideurs de cette école ont compris et intégré dans leur pratique journalière.
Chapeau Roberto, Chapeau à l’équipe école et aux jeunes…
Références:
De la gestion des connaissances aux organisations orientées conception
http://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2002-1-page-29.htm









